2 propositions en cours
PROPOSITION 1 :
PhilologiA
Ateliers personnalisés de philologie intégrative appliquée
La démarche examine la manière dont nous gérons, par le langage, nos relations à nous-mêmes, aux autres et au monde, afin de les améliorer.
Chaque participant part d’un ensemble de mots et d’expressions sur lesquels il souhaite travailler. Le travail est à la fois personnel, puisque chacun choisit sa matière et ses orientations, et partagé, par les échanges et mises en commun qui ont lieu à chaque séance.
Quatre dimensions peuvent être explorées, au choix :
- Historique : à partir de quels ensembles hérités de mots et d’expressions est-ce que je me pense et j’agis aujourd’hui, et avec quelles perspectives d’évolution ?
- Anthropologique : comment cet héritage s’est-il formé, et comment vit-il encore, dans quels contextes d’interactions interpersonnelles, d’institutions, de formes d’organisation, de cultures et de systèmes relationnels ?
- Linguistique : quelle part puis-je discerner des conditionnements linguistiques et sociolinguistiques que contient cet héritage, qu’il soit vivant, réactualisé, en mutation ou en voie de disparition ?
- Philosophique : quelles démarches d’analyse réflexive me sont utiles, et quels textes inspirants souhaité-je intégrer et vivre pour définir et viser mes objectifs d’amélioration ?
Chaque parcours se conclut par un temps de réflexivité sur la démarche elle-même : revenir sur la manière dont on a travaillé, ce qui a été éclairé, ce qui a résisté, et ce que l’on retient pour la suite.
L’atelier ne demande aucune formation préalable. Selon les souhaits des participants, il peut donner lieu à des collectes de traces, sous forme d’enregistrements audio et de textes. Chacun reste libre de ce qu’il partage et du sens qu’il choisit de dégager de son travail.
Les outils d’intelligence artificielle servent à mobiliser les ressources de la philologie entendue au sens large : étude historique des langues et de leurs contextes, anthropologie et sciences humaines et sociales, sciences du langage, philosophie et sciences cognitives. Une attention particulière est portée aux enjeux de confidentialité et d’éthique liés à leur usage. Des solutions favorisant l’autonomie des participants sont recherchées, notamment des outils que chacun pourra installer et utiliser sur son propre ordinateur, sans que ses données ne quittent sa machine.
Un livre est envisagé comme aboutissement de la démarche : Mémoriaux singuliers. Aucune contribution n’y figurera sans l’accord explicite de son auteur, après relecture, et sous la forme qu’il aura choisie, nominative ou anonyme.
Les formes concrètes de réalisation (format, durée, rythme, modalités présentielles ou à distance) sont en cours de conception.
PROPOSITION 2 :
Ci-dessous le texte exposant la proposition de 9 principes pour se définir son
atelier onirique personnalisé.
A partir du positionnement des personnes exprimant un intérêt (ou une opposition) à ces principes proposés, je collabore avec des personnes intéressées à se finaliser leurs propres outils.
Principe 1 — Accueillir le rêve comme accès à un intermonde
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez d’abord admettre que le rêve n’est pas un message émis depuis le monde éveillé et destiné à y être jugé, mais l’accès à un espace intermédiaire — un intermonde — qui a ses propres lois, sa propre légitimité, et qui mérite d’être reçu à partir de lui-même, indépendamment – au départ – de nos catégories quotidiennes de vie, de pensée et de langage.
Pourquoi c’est important. Si l’on est prêt à admettre que le rêve donne accès à un inter-monde, on comprend qu’il est inutile et appauvrissant, de tirer le rêve vers le monde vécu, de chercher comment le rêve aurait « un sens » selon nos usages diurnes. Cela n’exige pas de « croire » que cet inter-monde existe avec des caractéristiques précises : il s’agit juste de reconnaître qu’il est une forme de « lieu », avec ses propres règles, et qu’on peut apprendre des choses qui viennent de là si on en lui applique pas celles d’un autre lieu.
Principe 2 — Ne pas plaquer une interprétation venue de l’éveil
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez résister au réflexe de leur appliquer aussitôt une grille symbolique ou explicative construite dans l’état éveillé, et accepter à la place un temps où le rêve reste à interpréter par lui-même, selon ses propres formes et son propre déroulé.
Pourquoi c’est important. Il ne s’agit pas de nier la valeur, bien légitime, du désir de comprendre. Il s’agit d’envisager une méthode pour y parvenir. Cela rejoint plusieurs courants de pratique et de pensée qu’ils relèvent de l’analyse ou de l’exercice spirituel décrivant, au-delà de tout système symbolique, la priorité qui doit être donnée à une qualité d’écoute qui ne fixe rien a priori, qui laisse venir ce qui vient. Plaquer une interprétation c’est produire une parole à partir du monde éveillé, à la place du rêve — c’est manquer l’intermonde au moment même où l’on croit y entrer.
Principe 3 — Reconnaître la pluralité des formes du signe onirique
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez rester attentif à toutes les formes que peut prendre un enseignement onirique — image, ressenti corporel, mot entendu, lettre vue, son, odeur, émotion, sensations vécues ou pensées (comme on pense en rêvant…) — car chacune de ces formes signifie à sa manière propre.
Pourquoi c’est important. Pour ne pas en rester aux pratiques étroites d’interprétation, il faut apprendre à comprendre et ressentir les différences : entre un mot entendu en rêve et une image vue, alors qu’on aimerait leur assigner la même « signification », entre une lettre et un son, entre une histoire qui se raconte et une idée-formation fixe qui se duplique sous différents aspects… Trop habitué à nous limiter aux images visuelles, nous avons tendance à réduire arbitrairement le champ de ce que le rêve peut nous transmettre. Pour nous enrichir de ses enseignements nous devons apprendre à porter attention à la diversité de moyens d’expression et de communication utilisés lors de nos séjours dans l’inter-monde.
Principe 4 — Considérer la substitution comme une logique propre.
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez accepter que les images/supports-de-signification se transforment, glissent et se substituent les unes aux autres sans que cela soit un désordre à corriger, à éluder ou à améliorer (par de la narration ou un autre procédé). Il faut plutôt accepter qu’il y a là la manifestation d’une des lois de fonctionnement propres du monde rêvé.
Pourquoi c’est important. Les images/supports-signifiants oniriques obéissent à des lois d’association différentes de nos lois causales du monde quotidien. La pratique de l’examen de mutation des formes demande de s’intéresser à ce que le rêve a produit précisément comme transformation. Vouloir remettre de l’ordre dans une substitution, c’est déjà commencer à interpréter au lieu d’apprendre. Au départ, il est difficile de se reconnecter à ce que le rêve produisait, mais en nous entraînant cette aptitude se développe.
Principe 5 — Réhabiter le rêve plutôt que l’expliquer
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez, au réveil, chercher à reconstituer le vécu du rêve de l’intérieur — le revoir, le revivre, le reformuler dans son déroulement propre — avant de chercher à en tirer un sens ou une leçon. Techniquement il faut essayer de rester allongé (ou revenir dans la position du corps dans laquelle la connexion au vécu rêvé était établie). Il faut essayer de rester les yeux fermés (refermer ses yeux si on a eu besoin de les ouvrir). Le mieux c’est de s’enregistrer – avec un smartphone et une bonne application qui transforme (en la respectant) la parole orale en texte. Il faut garder le corps en position de connexion à l’état lors du rêve, avec les yeux fermés. Le flux de parole doit être guidé par l’effort de revenir en arrière dans ce qui a été vécu durant les expériences du rêve, de faire ressurgir les pièces du puzzle, en évitant de relier rationnellement / narrativement. Si des idées ou des souvenirs associés adviennent spontanément il faut les dire car ils sont générés par l’activation des états du rêve.
Pourquoi c’est important. On a pu écrire qu’un rêve nous visite comme un étranger, il faut apprendre à l’accueillir selon les plus anciennes traditions de l’hospitalité. Et il nous faut nous-mêmes nous accepter comme étant accueillis dans un monde différent. Ainsi nous ré-habitons progressivement, pendant la vie éveillé, le monde du rêve, nous le connaissons comme un monde vécu familier, intime. Ré-habiter n’est pas interpréter ni traduire en langage de la vie éveillée : c’est un retour habité dans l’expérience, une disposition à accueillir, une mise en condition pour que quelque chose puisse être appris du rêve.
Principe 6 — Utiliser l’intention comme pont volontaire entre les mondes
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez formuler, avant l’endormissement, une intention simple et régulière — retenir un rêve, reconnaître un signe familier — car cette intention agit sur ce qui se donnera à voir la nuit suivante. Il faut éviter de formuler une intention qui veuille faire du rêve un instrument. Toute demande faite depuis le monde éveillé ne peut apprendre du rêve que s’il est détaché des pré-occupations qui nous rendent non-disponibles puisque – déjà – occupés (pré-occupés !).
Pourquoi c’est important. Tout enreconnaissant que le monde rêvé reste en dialogue avec ce qui est vécu dans le monde éveillé, il est contre-productif de chercher à instrumentaliser avec nos limitations de vue dans le monde éveillé. La méthode d’intention avant endormissement avec évocation et auto-suggestion de se souvenir des suites d’états rêvés au réveil est une mise en condition de dialogue amical entre les deux modes d’existence, qui ne se doivent rien. La règle ici c’est le don inconditionnée comme dans le contexte de vraies relations d’amour et d’amitié.
Principe 7 — Cultiver dans la journée une vigilance qui prépare la nuit
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez, pendant la journée, dans les moments propices, vous suggérer que vous pourriez rêver. Cet exercice répété en état d’éveil, finit par s’activer aussi dans le rêve et y ouvrir un espace de conscience et attention porté à l’état vécu. Entre les états de rêve et les états d’éveil circulent des réseaux d’interconnexions. Le corps et le même qui rêve, qui ressent et qui agit éveillé.
Pourquoi c’est important. C’est une méthode sensitivo-réflexive-critique : un entraînement diurne qui vient irriguer l’état nocturne. Ce principe rappelle que le passage entre les deux mondes n’est pas à sens unique — les états d’éveil vécus et les états de rêve dont une mémoire est produite peuvent s’entraider et s’échanger des choses dans le respect et sans instrumentaliser.
Principe 8 — Envisager le rêve comme pouvant être non temporel, aussi bien que portant les marques de nos trajectoires de vie.
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous devriez envisager qu’il peut vous enseigner des choses qui ne sont pas conditionnées par votre histoire personnelle. Et des enseignements pouvant en être retirés peuvent être une réactivation de dispositions incorporées au long d’une histoire personnelle, sociale, professionnelle — sans que le rêve se réduise à un instrument à décoder des symptômes.
Pourquoi c’est important. Nous devons éviter de nous interdire de vivre des rêves qui nous permettent d’accéder à des formes de connaissance et d’expérience relevant d’autres logiques et temporalités que celle de notre vie limitée. Et nous devrions aussi pouvoir reconnaître comment le rêve peut être une pratique sociale expressive, construite à partir du passé incorporé de chacun et des conditionnements dans lesquels nous vivions. On évite ainsi deux excès : croire que le rêve a une valeur absolue d’expérience de vérité qui n’a rien à voir avec la vie vécue, ou au contraire vouloir absolument le ramener à un moyen de dégagement d’explications biographiques.
Principe 9 — S’appuyer sur ce que le savoir peut vérifier, sans exiger d’y réduire l’expérience
Le principe. Lorsque vous cherchez à apprendre de vos rêves, vous pouvez retirer des moyens de compréhension, tant des expériences et textes fondamentaux anthropologiques du passé et du présent, que des résultats de la recherche scientifique par exemple physiologique et neuro-cognitive la plus contemporaine. Les deux confirment la porosité réelle entre veille et sommeil. Traditions et pratiques, expérimentations et savoirs sont autant d’appuis plutôt que des limitations ou des interdictions de nous intéresser à certaines formes d’expériences du rêve et possibilités d’en dégager des enseignements.
Pourquoi c’est important. Des travaux de recherche récents ont montré par des mesures objectives que la frontière veille-sommeil est bien plus poreuse qu’on ne le croyait. Le croisement de traditions et de certaines pratiques avec des instruments d’une objectivation scientifique se basant sur des expérimentations permet d’élargir des perspectives et affiner les moyens d’expérience et de connaissance. L’expérience de l’intermonde est trop riche pour ne relever que de nos représentations scientifiques provisoires du vécu humain ou d’un seul système de croyances traditionnelles figées. il ne s’agit pas de croire sans discernement, mais de considérer le rêve comme un accès réel — vérifiable en partie, et digne d’être approfondi même dans des domaines d’expérience qui échappent à la vérification.