Questionner théoriquement, tester pratiquement… les entraides à venir

Mes projets évoluent avec les étapes engagées dans la mise en oeuvre du volet R&D de l’opération www.gironde.fr/place et la possibilité de participer à des tests de lexiques ieml avec Pierre Lévy. Voir : https://pierrelevyblog.com/ et mon webfolio ieml hébergé par l’Université de Montréal : https://eduportfolio.org/vues/view/254632

Ci-après une présentation plus détaillée :

Je suis engagé depuis le début des années 1980 dans la conception et la mise en œuvre de projets de soutien au développement social, culturel, professionnel, organisationnel, territorial… comme consultant, militant, micro-investisseur, porteur de part, porteur de voix, enseignant, chercheur, agent public, citoyen, consommateur, membre de groupes familiaux et amicaux … mes engagements sont – alternativement ou simultanément – professionnels et bénévoles. En arrière-plan de certains de mes engagements, je pratique une réflexivité créative et critique (autant que possible explicitée et développée dans des projets de recherche-action collaborative multidisciplinaire).

De ce point de vue, mes engagements – comme ceux des autres collaborateurs – peuvent être considérés, analysés, améliorés en tant que « propositions de pensée » « propositions de méthode » « propositions d’action » qui ont en arrière-plan des « hypothèses opératoires de production de valeur » (que ces arrière-plans soit ou non explicités).

Un engagement visant développement humain peut être considéré comme une  « activation de potentiels de développement ».

Une activation de potentiels peut contenir deux mouvements :
– la potentialisation de situations
&
– l’actualisation de potentialités.

Cette tension créative entre potentialisation et actualisation est décrite dans ma thèse soutenue en 2001 à l’Université Montaigne qui prolonge les travaux de personnalistes et de pragmatistes sociaux, spécialement ceux de John Dewey : https://www.theses.fr/059217456 .

Je cherche aujourd’hui plus particulièrement à questionner théoriquement et à tester pratiquement comment on peut favoriser et maintenir des dynamiques d’entraide, et, en suivant, comment certaines de ces dynamiques peuvent être aidées à se prolonger dans des activités socio-économiquement viables et durables. Ma contribution à la R&D de l’opération www.gironde.fr/place me permet d’inscrire ce travail dans le concret du codesign et de la mise en oeuvre et amélioration en continu d’une politique publique.

L’exigence d’explicitation de l’expression « on peut » dans : « comment peut-on favoriser et maintenir des dynamiques d’entraide ? » soulève la question d’un pré-existant à l’entraide :

  • un « mouvement naturel » ? (dont la « naturalité » reste à préciser…)
  • une institution ? (le plus souvent aujourd’hui un système multi-institutionnel complexe à démêler… )

On peut envisager que – pour être durable – une dynamique d’entraide :

  • lorsqu’elle résulte d’un « mouvement naturel » exige une forme d’institutionnalisation qui, dès lors, possédant sa dynamique propre peut prendre le pas sur la dynamique « spontanée »,
  • lorsqu’elle prolonge une dynamique institutionnelle pré-existante se proposant de « favoriser et maintenir durablement des dynamiques d’entraide », doit travailler le risque d’emprise sur les interactions.

La dynamique d’entraide d’origine institutionnelle ne fait-t-elle pas finalement autre chose qu’assurer une instrumentalisation temporaire des dynamiques interpersonnelles et sociales, ces dynamiques ne durant que le temps du « projet » raconté comme une entraide « spontanée » alors qu’elle n’existe qu’initialisée par une institution (ainsi à la place de la fiction d’un « projet », on peut considérer qu’on a plutôt à faire à un agrégat d’intentions et d’ajustements personnels avec des procédures politico-juridico-administratives qu’elles soient publiques ou privées… ).

Dés lors, une question de méthode : quelles sont les positions, les principes et les pratiques qui peuvent réussir à promouvoir et à maintenir une synergie entre deux dynamiques en présence : une entraide institutionnalisée et une entraide qui relèverait d’un « mouvement naturel » ?

Cette question résultante d’une réflexion à partir du mot et du concept d’entraide ravive le contexte sociopolitique et philosophique qui l’a vu naître : le mot « entraide » ayant été inventé au XIXe siècle par Elysée Reclus pour traduire « mutual help » chez Kropotkine penseur et activiste de la coopération biosociale.

Une forme de re-lecture réflexive et contextualisée s’impose.

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